Récit d’accouchement

Récit d’accouchement

Je ne comptais pas aborder sur ce blog de sujet trop « personnel » (ce que je fais en général sur Instagram), mais quand je vois la longueur de ce texte… 😨 Trop long pour être retranscrit sur le réseau… et faire 5 ou 6 posts là dessus sera un peu galère pour tout le monde !..


Je prends donc enfin le temps, ici, de vous raconter mon accouchement… 😉

Vendredi 29 septembre

Après une nuit blanche (2 en vérité), et quelques petites contractions durant la nuit, je constate que je saigne en allant faire un énième pipi… J’ai rdv une heure plus tard à l’hôpital pour un contrôle. Je les appelle tout de même pour demander si je dois m’affoler ou non. On me dit que non, de prendre le temps de préparer mes affaires mais que le travail commence peut-être. Du coup, mon homme prend sa matinée et m’accompagne à la place de ma mère. Monitoring, contrôle du col… rien à signaler, col court mais fermé. J’apprends également qu’il y a eu une erreur dans mon dossier : mon terme n’est pas le 30, mais le 29. C’est donc censé être le jour J, mais il me faudra encore patienter… On me cale un rdv le dimanche si rien de nouveau d’ici là…

Samedi 30 septembre

DPA + 1

Après une grosse nuit + une grasse matinée, me voilà requinquée… Nous prenons notre petit déjeuner au lit et y restons. Début d’après-midi, je ressens quelques contractions, légères… plus la perte du bouchon muqueux. Je sens qu’il se trame quelque chose… les contractions se rapprochent, mais ne font pas mal… vers 15h30 j’en ressens 2 grosses parmi les petites (qui font tout de même mal, à en pleurer, et mon mari sait que je ne suis pas du genre à faire de la comédie)… Je me dis que je ne tiendrai pas toute la soirée ainsi, que je serai plus rassurée d’aller faire un contrôle… 17h nous partons de la maison, tranquillement. Sur la route je ressens une 3e grosse contraction… 30 minutes plus tard me voilà installée pour un monitoring. Forcément, durant ce dernier aucune grosse contraction, uniquement quelques petites, même pas rapprochées… A 18h45, contrôle du col. Et là… je me mets à pleurer de douleur. Le monitoring n’indique pas de contraction, la sage femme ne comprend pas pourquoi je me mets ds cet état pour l’examen du col. On comprend rapidement tout de même que je viens d’avoir au même moment une énorme contraction, mais que, je cite « il doit y avoir un dysfonctionnement du monitoring, qui ne les indique pas correctement ». La blague. Je ne suis ouverte qu’à 2. Les contractions s’enchaînent, se rapprochent et sont de plus en plus douloureuses. Moi qui ne suis pas douillette de nature, je pleure dès qu’une arrive. La sage femme me dit que vu mon état, ils vont me garder pour la nuit. Sans déc’ !… Elle me demande quelle chambre je souhaite… étonnée, entre 2 contractions, je lui répond « ac vue sur la mer »… très sérieusement elle me répond « on n’en a pas ici… » (elle n’a pas saisi mon sens de l’humour) ! Elle me demande si je souhaite marcher ou prendre un bain pour faire passer la douleur… Etant donné que toutes les 5 minutes je me retrouve pliée en 2 à morfler… on me fait donc couler un bain chaud, et, en vue du flop de ma blague précédente, elle me met en fond sonore le « bruit des vagues » pour me détendre. Ce qui agace fortement le chéri, qui le coupe rapidement ^^. Le bain n’atténue en rien les douleurs, toutes les 5 min je n’en peux plus… je respire, je souffle le plus fort possible, sous le regard abasourdi d’Andrew (mon mari) qui se sent impuissant face à la situation. Je me sens nauséeuse et faible dans le bain, j’ai trop chaud, j’en sors donc rapidement. On s’installe dans notre chambre (côté terrasse 😎 – et oui, dans la maternité il y a un accès direct avec baie vitrée dans certaines chambres qui donne accès à l’extérieur) ! Il n’y a même plus 5 minutes entre chaque contraction… Et là, comme si je n’en avais pas assez… (moment glamour)… me voilà prise d’une crise de diarrhée… j’ai donc alterné contraction/toilette… (un des meilleurs moment de ma vie)… la crise calmée, je prends une douche froide, qui me fait un bien fou. Entre temps, il y a eu un changement de sage femme, me voilà entres les mains de Gwen (parfait, elle est géniale, gentille et rigolote). Je lui fais part de cet instant glamour, elle me dis que c’est normal, bébé pousse, ça indique un début de travail… (me voilà rassurée, j’avais peur d’être malade en plus de tout ça !). Les contractions continuent… elles sont très proches, quasiment toutes les minutes ou 2 minutes… Je suis au bout de ma vie (comme disent les jeun’s).

(Les futures mamans qui me lisent peuvent sauter ces quelques lignes qui suivent…). Les contractions sont intenables, douloureuses, une horreur… je souffle comme un bœuf pour essayer de les évacuer au plus vite… ça ne dure pas bien longtemps, quelques petites secondes, dès qu’elles partent je me sens partir, dormir, d’un coup, tant le soulagement est intense… puis rebelote. Je lâche beaucoup de « p*tain », « j’en ai marre », « j’en peux plus », « qu’on m’achève », « qu’on me pique »… « je ne veux plus d’enfant » (désolé mon bébé j’étais à bout !)… Et je souffle, d’une façon inhumaine. Gwen et Andrew me disent sans arrêt « c’est bien », que je me débrouille comme un chef… (mine de rien, ça me fait du bien de l’entendre). On m’a vite posé la perfusion (rien senti). J’attendais qu’une chose : la péridurale, (ou l’euthanasie)… On m’installe en salle de travail vers 20h/20h15. Je peste toujours. Gwen se met face à moi et me dis d’être très attentive… elle m’explique que l’anesthésiste va arriver, ainsi que la position dans laquelle me mettre pour la péridurale, que ça va aller très vite, et qu’il faut vraiment suivre ses consignes et s’y tenir si je veux qu’on me la pose… Je ne comprends rien aux consignes, je suis à l’ouest totale, « dos comme ci… épaules comme ça… si tu sens une contraction tu ne bouges surtout pas, tu résistes en silence… ».

20h30, Mr Péridurale arrive enfin (avec un infirmier), lorsque la porte s’est ouverte et que je l’ai aperçu, il avait limite une auréole sur la tête avec en fond sonore des « alléluia »… J’essaye de garder la position (bien que je n’y comprenne pas grand chose et malgré la douleur)… Il me la pose très rapidement, j’ai été très attentive à bien suivre les consignes, je ne veux pas qu’elle me passe sous le nez… Je n’ai absolument rien senti (enfin vite fait le produit quand il est injecté, comme une piqûre normale). Elle a rapidement fait effet, et là… miracle, résurrection ! Comme par magie, plus de douleur ! Pourtant le monitoring en indique des bonnes ! Me voilà métamorphosée, on rigole tous ensemble, sage femme, infirmier… Contrôle du col… ouvert à 5. On me dit que le travail va être long; pour une première grossesse de compter 1 heure/cm + environ 2 heures de travail… En gros, je devrais accoucher entre 4 et 5 heures du matin… Gwen me met sur le côté gauche, et me dit de me reposer car on aura besoin de me voir en pleine forme pour pousser…

monitoring

Il est un peu plus de 21 heures, je ne suis pas fatiguée, on décide donc de regarder « cauchemar en cuisine » sur nos portables. J’envois quelques SMS… A 22h40 Gwen revient pour un contrôle du col… Surprise ma culotte est trempée, j’ai perdu les eaux mais je ne m’en suis pas rendue compte… Mon col est ouvert à 9… Elle n’en revient pas. « Mais vous ne sentez rien ? »… « Ben non, enfin si vite fait je sens un truc tout en bas »… « Oui, c’est la tête du bébé, je vois des cheveux bruns… » !… Ah… Elle me fait pousser 3 petits coups pour la faire descendre… « Bon, ben c’est pour maintenant »… What ?!!! Le hic pour eux : je ne ressens plus rien avec la péridurale, ils ont peur que je n’arrive pas à pousser. Pour moi il est hors de question qu’ils diminuent la péridurale « C’est bon, je vais essayer comme ça on va bien voir ». Ils nous laissent 5 minutes nous remettre de nos émotions, car on n’était pas préparé aussi vite à cela… Le temps pour Mr de faire un petit pipi puis de lui faire avaler une barre de céréales (je n’avais pas envie qu’il tombe dans les pommes !). Moi j’étais prête. Le moment tant attendu depuis des mois était sur le point d’arriver et je ne ressentais plus aucune douleur, le panard quoi ! Gwen + une aide-soignante (je pense) alias Babeth sont là pour ce grand moment. Elles m’expliquent comment pousser, de ne pas m’inquiéter si le bébé ne pleure pas en sortant, que c’est normal. Moi j’ai peur qu’elle soit bleu, rouge, mauve ou remplie de poils… Elles rigolent. Je leur dis aussi qu’il est hors de question que je sorte le bébé moi-même pour la poser sur moi. Gwen me demande si avant que je pousse je souhaite toucher sa tête (à ma fille), non merci. Je fais la maligne, mais je suis tout de même impressionnée par tout ça !

Ça va être un travail d’équipe étant donné que je ne sens pas les contractions et qu’il faut pousser pendant qu’il y en a une… Andrew doit toucher mon ventre, et me dire de pousser s’il est dur, sauf que, ce n’est pas si simple de faire la différence ventre dur ou non. Moi personnellement, je ressens un « petit truc » dans le bas ventre dès que j’en ai une, je décide donc de m’y fier et de pousser quand je ressens cela.

Je commence à pousser. On me stoppe direct « Attendez, laissez-nous le temps de finir de tout préparer, je n’ai même pas mis mes gants ! »… Oups. 23h30, je commence officiellement à pousser « allez, c’est comme quand vous faites caca »… 😐 euh, entres nous, pousser comme ça pour faire ses besoins n’est pas humain ! 😜 Je pousse mais je le fais par la gorge. Du coup je n’arrive pas à tenir bien longtemps et en plus ça me fait rigoler… Je répète à Andrew « Quoi qu’il se passe, ne regarde pas en bas » ! Plusieurs essais, je n’y arrive pas, ça me fait mal à la gorge. On me stoppe, Babeth m’explique de bien visualiser là où est bébé, et de pousser en partant de là. Ok je visualise, j’ai pigé (en fait, ce n’est pas si simple que ça finalement ^^), on y retourne… Je pousse de toute mes forces, j’essaie de tenir sur la longueur, mais j’ai envie de rire… Andrew ne fait que répéter « c’est bien ma chérie », le pauvre je lui répond « tais-toi »… (parce-que ça me donne encore plus envie de rire dès qu’il dit ça). Gwen me dit de me concentrer car la tête a fait des allers-retours et que bébé commence à fatiguer. Dès qu’elle me dit ça, je fais le vide et en très peu de poussées j’y arrive. Allez encore un coup pour faire passer les épaules. Là sensation très étrange, je sens passer bébé (même pas mal !).

On entend de suite des pleurs, Amy est là… Elle a les yeux ouverts, elle est déjà très vive… Ce moment-là, peu importe que tu sois une dure à cuire ou non, tu pleures. Pas de tristesse, ni de douleurs, non, mais c’est un mélange de tellement de sentiments, d’émotions… indescriptible. Magique. Le papa aussi pleure. Il est 23h41, soit 11 minutes de poussées au total. 3h11 après la pose de la péridurale. On me pose ma fille contre moi, tout va bien, elle est magnifique, ni bleu, ni rouge, ni mauve, ni toute poilue. Elle est parfaite. Andrew coupe le cordon. Peu après on me demande de repousser un coup pour le placenta. Finger in the nose. Seule mauvaise nouvelle de la soirée: je n’ai pas échappé à l’épisio… 3 points. Que je ne sens pas avec la péridurale, mais dès le lendemain ce sera une toute autre affaire…

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Et voilà comment ce 30 septembre dernier, notre vie a été bouleversée…

PS : Suivra très bientôt un article que j’avais commencé à rédiger 3 ou 4 jours avant d’accoucher, sur mon état d’esprit de fin de grossesse, les questions qui me turlupinaient…. Me reste à y ajouter les réponses que je peux aujourd’hui apporter sur de nombreux points… 😉 D’où le fait que je ne me sois pas trop attarder sur certains détails (péridurale, épisiotomie, séjour à la maternité…)  !

6 comments

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  1. So

    9 octobre 2017 at 1 h 07 min

    Quel joli récit ❤️❤️

  2. Sarah le double maléfique

    9 octobre 2017 at 3 h 36 min

    💪🏼❤️👶🏻

    • Sarah

      9 octobre 2017 at 9 h 42 min

      <3 Entre 2 vomitos de James j'ai pu t'occuper avec mon récit :D

  3. Ouria

    9 octobre 2017 at 6 h 16 min

    Tres beau récit ! Étant future maman, j’aurais peut être dû sauter les lignes qui font peur ( en même temps j’étais prévenu!), mais tant pis.
    Encore félicitations à toi !

    • Sarah

      9 octobre 2017 at 9 h 41 min

      Merci 🙂 Il faut se dire que les douleurs ne sont pas les mêmes pour toutes et qu’on ne réagit pas toutes pareil… 😉 J’ai peut-être fait ma petite nature pour le coup 😀 … ^^ Oh moins, ça doit être rassurant aussi de voir que pour un 1er accouchement on peut ne pas avoir des heures et des heures de travail et ne pas souffrir du tout 😉

  4. Randa

    9 octobre 2017 at 20 h 25 min

    J’ai pas pu m’empêcher de en verser quelque larmes d’emotion (Merci les hormones de grossesse 😶)
    En tout cas merci d’avoir partagé ton expérience ! 😊

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